L'unique "marché" aux timbres, tout du moins dans la capitale du Vietnam. Depuis 2 ans, il se tient régulièrement tous les dimanches dans un café, 160 rue Triêu Viêt Vuong. Pas de stands, ni d'étalages mais une foule de philatélistes. Dans ce joyeux brouhaha, les amoureux du timbre se font vendeur et acheteur, discutant autour d'une tasse de café de ces petites vignettes qu'ils définissent comme un "plat spirituel". Ici, les timbres proposés sont très variés et riches en gammes: on y trouve des collections mais aussi des spécimens uniques, anciens et nouveaux, vietnamiens et étrangers. Les philatélistes répondent présents, comblant leur besoin de vendre, acheter ou échanger, mais plus généralement satisfaisant l'envie d'être parmi les leurs pour découvrir, contempler et louanger ensemble les timbres rares. Un marché sans but lucratif "Si mon café était peu fréquenté il y a 2 ans, il est à présent un lieu de rendez-vous apprécié des philatélistes, une trentaine ce matin", déclare la patronne, Mme Trang, avec un léger sourire aux lèvres. Les clients de ce café-philatélie, premier du genre à Hanoi, viennent de milieux et de générations différents. Pham Viêt Phuong, directeur du Club des étudiants philatélistes, fait remarquer qu'"ici, personne n'a l'intention de faire de l'argent avec les timbres. On y vient pour chercher de quoi compléter sa collection, apprendre la valeur culturelle et artistique des timbres, nourrir davantage la passion pour ce divertissement aux allures de passion". Sans oublier la "chasse au +quoi de neuf+ concernant les modèles de timbre ou les activités des Clubs de philatélie et des experts collectionneurs", ajoute Lâm, étudiant de l'École polytechnique. C'est peut-être pour cette raison que le café-philatélie Trang est toujours plus "achalandé" que les magasins de la Compagnie vietnamienne du timbre. Cerclé d'un cachet de la Poste, les timbres n'ont pas de tarif fixe. En fait, leur prix est très varié, de quelques centaines à plusieurs... millions de dôngs la pièce. Pour Son, employé à la Banque de l'Industrie et du Commerce, ils sont parfois "hors de valeur". Il y a aussi ces vieux échantillons qu'on n'expose que pour le plaisir. Le plus important n'est il pas finalement de faire perdurer cette ambiance amicale et complice.
Mais, au jour d'internet et de ses terribles emails, la philatélie pourrait elle passer à la trappe? "Jamais", réplique Tiêp, responsable du site-web "Temvn.net". Car, pour lui, ces petits timbres sont de véritables œuvres d'art. Et argumente que dans les pays développés, la philatélie est perçue comme une facette de l'économie.
Sources : http://lecourrier.vnagency.com.v |