Voici l’histoire extraordinaire de celui qui allait devenir le meilleur expert en philatélie.
C’est par ses relations familiales en Italie, qu’il débutera son activité commerciale de « philatélie d 'art ». L’un de ses frère est photographe, l’autre est collectionneur de timbres, et édite un des tout premier journal philatélique le « San Marino ». Quant à l’un de ses cousins, il est fabriquant de papier. Il a donc toutes les possibilités matérielles pour débuter l’activité qui fera sa renommée.
Mais c’est par hasard qu’il va faire ses premiers essais de « timbres imités », après qu’il eu découvert une encyclopédie de chimie. Au départ ce n’est qu’un jeu, mais sont frère se fait interpeller et condamner à la prison en Italie pour avoir tenté de négocier des faux timbres. Jean voulut se prouver qu’il était capable, lui, de faire des copies à la perfection. Il décide donc de tester son œuvre en faisant appel à un expert connu, ses timbres sont déclarés authentiques, et ils seront également certifiés par d’autres.
Cette expérience va le conduire à engager une campagne d’assainissement dans cette profession peu scrupuleuse en réalisant des copies de timbres rares authentifiés.
Mais sa notoriété « de faussaire » viendra d’un expert de la police de Lyon, par ailleurs collectionneur.
C’est un banal contrôle des douanes qui va conduire à son interpellation. Il avait posté un paquet de timbres qu’il voulait faire parvenir au Portugal et la douane lui fixa une amende exorbitante pour non-déclaration de valeur. Il jura qu’il s’agissait uniquement de pures copies qu’il réalisait lui même ; les timbres furent donc examinés par le docteur Edmont LOCARD directeur de la police de Lyon.
Celui-ci fut formel, tous ses timbres étaient vrais et par ailleurs, il certifia que leur qualité leur donnait une plus value supérieure à la cote qui servait de base au calcul de l’amende.
JEAN DE SPERATI se vit contraint de prouver sa bonne foi, il réalisa donc plusieurs timbres identiques par leur oblitération et les proposa à la vente à des experts reconnus. Il savait que ses timbres copiés étaient très rares et connus à moins de vingt exemplaires. Très vite la supercherie va évidemment éclater. Toute la presse s’empare de l’affaire, mais cette fois c’est d’escroquerie qu’il s’agit, car les timbres ont été vendus, et si sa qualité de faussaire est reconnue comme il voulait le prouver, ce sont les tribunaux qui seront chargés de le juger. Expertises, contre expertises, appel des jugements, la justice le condamnera pour escroquerie.
A sa mort, en 1957 il sera reconnu comme le plus grand faussaire, et ses timbres qu’il signait au verso sont aujourd’hui cotés, et figurent dans de grandes collections dans la rubrique « faux de Spérati ». Il laissera un ouvrage de référence de 124 pages destiné aux philatélistes intitulé : « La philatélie sans expert ». |