Voici l’histoire de Philipp la Renotière von Ferrary ( né à Paris en 1850)

Philipp ferray Ils sont nombreux aujourd’hui. Et si s’approvisionner en timbres est maintenant à la portée de tous, ce ne fut pas toujours le cas et l’histoire philatélique est riche d’aventures pour ses passionnés.

Voici l’histoire de Philipp la Renotière von Ferrary ( né à Paris en 1850).

Il commença à collectionner très jeune. Issu de familles princière ( le Roi de France Louis Philippe assista à son baptême), il se prit de passion pour les timbres rares.

L’argent ne lui faisait pas défaut, et il se mit donc en tête de collectionner toutes les plus grandes raretés. Il était fréquent de découvrir des timbres méconnus, car personne ne conservait les enveloppes commerciales ou privées, et les erreurs  d’impression ou  en couleur donnaient aux philatélistes un moyen de faire fortune.

Tous venaient lui proposer leurs plus belles pièces, qu’il payait sans négocier en louis d’or. Sa collection comptait les timbres les plus rares, comme le 3 skilling jaune de Suède qui n’est connu qu’à un seul exemplaire.

L’argent ne fait pas le bonheur.

Philipp découvrit un jour que son père le Duc de Ferrari n’était pas son père, mais qu’il était le fruit adultérin d’un officier  autrichien. Il deviendra tellement proche de son père génétique qu’il se fera adopter par celui-ci à l’âge de 36 ans et prendra le nom de Ferreri de la Renaudière von Kreigsfield.

Cela aura une influence sur ses opinions politiques, prenant fait et cause publiquement en France  pour l’Autriche au moment de la guerre de 1914. Comme il voyage souvent, il se trouve en Autriche au moment du déclenchement de la guerre.   Il décide de revenir en France rechercher la plus grande partie de sa collection qui s'y trouve encore.

Durant son séjour, il demeurera à l’ambassade d’Autriche dont la gestion est confiée à la Suisse, pays neutre. Désirant se rendre en Suisse pour passer quelques jours de vacances, il décédera d’une crise cardiaque. Nous sommes en mai 1917.

Stupeur, lorsque l’on trouve son testament : on s’aperçoit qu’il lègue sa collection au musée de Berlin. La France qui vient de gagner la guerre, exige que cette collection reste sur le territoire français et soit confisquée au profit ses dommages de guerre. Aussitôt, des collectionneurs proposent à la France de racheter cette collection.

Arthur Hind en propose 800 000 $, Stanley Gibbon renchérit : il offre plus d’un million de dollars, mais la France refuse. Le gouvernement compte en tirer 3 000 000 de dollars par une vente aux enchères, mais pour ce faire il faudra faire expertiser chaque lot (8 056 au total) et il faudra 14 ventes aux enchères pour disperser cette collection qui se dérouleront du 23 juin 1921 au 24 novembre 1925 ! Le total n’atteindra que 1 430 dollars.

Cette fin peu glorieuse de ce collectionneur a permis de disperser, pour le plus grand plaisir des philatélistes, une des plus grande accumulations de timbres de valeur.

Quant à Philipp Ferrari, sa passion pour les timbres n’en fera jamais un collectionneur reconnu, car son seul but était de posséder les timbres les plus rares, quel qu'en soit le prix, sans aucune réelle connaissance philatélique.

Article écrit par : 1 en date du 2006-11-16 10:08:18

 
 
 
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